# 3. Étude de cas : une extension de navigateur pilotée par IA Pour illustrer concrètement le risque décrit à la section précédente, voici un cas **publiquement documenté** dans la communauté de la recherche en sécurité (nom volontairement anonymisé ici — ce guide ne vise ni à identifier ni à discréditer un produit précis, seulement à expliquer le mécanisme). ## Le scénario Une extension de navigateur permettait à un assistant IA de **piloter le navigateur** de l'utilisateur : cliquer, remplir des formulaires, lire le contenu des pages visitées. Des chercheurs ont montré qu'en enchaînant plusieurs faiblesses (une liste d'autorisation trop permissive combinée à une faille de type XSS sur un composant tiers de la page), il était possible qu'une page web piégée influence l'agent **sans clic et sans invite de permission visible** — l'utilisateur n'avait rien fait d'inhabituel, la page elle-même contenait le piège. ## Pourquoi ce cas est instructif Il ne s'agit pas d'un défaut du modèle de langage lui-même, mais de la **surface d'attaque introduite par l'outil** qu'on lui donne : piloter un navigateur généraliste, c'est exposer l'agent à n'importe quel contenu de n'importe quelle page, avec toute la richesse (et donc tous les risques) du rendu HTML, CSS et JavaScript modernes. ## Ce que ce cas enseigne pour la conception d'un agent - Plus un outil donné à l'agent a une **surface d'action large et généraliste** (naviguer partout, exécuter du JavaScript arbitraire), plus la surface d'attaque potentielle est grande. - Un outil à **routes fixes et connues d'avance** (appeler une API précise, toujours de la même façon) réduit structurellement ce risque : il n'y a pas de boucle « lire une page -> décider -> agir » qu'un contenu piégé pourrait détourner, car il n'y a rien à décider à partir du contenu lu. - C'est exactement le principe appliqué à la section 5 de ce guide. *(Schéma disponible : `schema.svg`, dans ce dossier.)*