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# 8. Démarrage et boot

Cette section retrace la séquence complète depuis la mise sous tension
jusqu'au premier processus utilisateur, en couvrant les deux
micrologiciels de démarrage (BIOS historique, UEFI moderne), le
bootloader, et l'image de démarrage précoce.

## BIOS vs UEFI

- **BIOS (legacy)** : lit le premier secteur du disque (*Master Boot
  Record*, 512 octets, dont 446 pour le code de démarrage) et lui cède le
  contrôle sans vérification. Limité à des disques de 2 To (adressage
  32 bits) et à 4 partitions primaires.
- **UEFI** : micrologiciel bien plus riche, capable de lire directement un
  système de fichiers FAT sur une partition dédiée (*EFI System
  Partition*) et d'exécuter un exécutable `.efi` — plus de limite
  pratique de taille de disque (table de partition GPT), et surtout
  **Secure Boot** : chaque exécutable chargé doit porter une signature
  cryptographique validée par une clé de confiance stockée dans le
  micrologiciel, avant même que le bootloader ne s'exécute.

## GRUB — le bootloader le plus répandu

GRUB (*GRand Unified Bootloader*) lit sa configuration (`/boot/grub/grub.cfg`,
généralement généré automatiquement, jamais édité directement) pour
présenter un menu de sélection du noyau à démarrer, avec les paramètres de
ligne de commande associés (`root=`, `ro`, options de débogage...). Sur un
système UEFI, GRUB lui-même est l'exécutable `.efi` chargé par le
micrologiciel — la chaîne de confiance Secure Boot doit donc couvrir GRUB
également (shim signé, qui valide à son tour GRUB avant de lui céder le
contrôle).

## initramfs — l'image de démarrage précoce

Le noyau seul ne sait pas nécessairement parler au périphérique de
stockage réel (pilote spécifique, volume chiffré à déverrouiller, volume
LVM à assembler) au moment où il doit monter la racine `/`. L'**initramfs**
est une petite image en RAM (archive cpio compressée), contenant juste
assez d'outils et de pilotes pour préparer cette racine réelle : demander
la phrase de passe LUKS, assembler les volumes LVM/RAID, charger les
pilotes de stockage nécessaires — avant de basculer (*switch_root*) vers le
système de fichiers racine définitif et de lancer PID 1.

## Séquence complète, de bout en bout

1. Micrologiciel (BIOS/UEFI) : auto-test matériel, sélection du
   périphérique de démarrage.
2. Bootloader (GRUB ou équivalent) : sélection du noyau + paramètres.
3. Noyau : décompression, initialisation des pilotes essentiels,
   montage de l'initramfs en RAM.
4. initramfs : préparation de la racine réelle (déchiffrement,
   assemblage LVM/RAID), puis `switch_root`.
5. PID 1 (systemd) : résolution du graphe de dépendances d'unités
   (section 2), atteinte de la cible par défaut (`default.target`,
   généralement `graphical.target` ou `multi-user.target`).

**Nouveauté 2026** : systemd 261 introduit `systemd-sysinstall`, un
installeur textuel qui produit directement une configuration système
déclarative (y compris le paramétrage du bootloader) plutôt qu'un script
d'installation ad hoc propre à chaque distribution.

*(Schéma disponible : `schema.svg`, dans ce dossier.)*
3.1 Ko BLAKE3 : a4b3b0c5…fdee1b5c